
Combien coûte une paire de lunettes, et pourquoi
Un devis d'opticien mélange trois choses très différentes : la monture, les verres, et ce qu'on met dessus. Comprendre la répartition change la façon d'arbitrer.
Conseils
« Pourquoi cette paire coûte trois fois plus que celle-là ? »
La question est légitime, et la réponse tient rarement à la monture.
Un devis
additionne trois choses de nature différente, et c’est la deuxième qui pèse le
plus lourd.
1. La monture
C’est la partie visible, et souvent la moins déterminante dans le total.
Son
prix dépend de la matière (acétate, métal, titane), du lieu de fabrication
et de la marque qui la signe.
C’est aussi la seule ligne où le choix est purement le vôtre.
Une monture ne
corrige rien : elle tient les verres et elle vous va, ou pas.
2. Les verres, et c’est là que ça se joue
Un verre n’a pas de prix « standard » parce qu’il n’est pas standard.
Il est
calculé pour votre correction.
Deux facteurs comptent surtout.
La géométrie. Un unifocal corrige une distance.
Un progressif en corrige
plusieurs sur la même surface, avec une zone de transition qu’il faut dessiner
sans la rendre gênante.
Ce n’est pas le même objet, et l’écart de prix reflète
cet écart de complexité.
L’indice de réfraction, autrement dit l’amincissement.
Plus l’indice est
élevé, plus le verre dévie la lumière, et moins il a besoin d’épaisseur pour
la même correction.
Les indices courants vont de 1,50 à 1,74 ; à correction
égale, un 1,74 gagne environ 45 % d’épaisseur sur un 1,50.
Sur une correction faible, l’amincissement ne se voit pas et ne se justifie
pas.
Sur une correction forte, il change l’aspect de la paire et son poids.
3. Les traitements
L’antireflet, le durcissement contre les rayures, le filtre lumière bleue, la
teinte.
Chacun ajoute une ligne.
Certains sont presque toujours pertinents,
d’autres dépendent vraiment de l’usage : nous consacrons à ce sujet
un article à part.
Ce qu’il faut retenir devant un devis
Un devis d’opticien est détaillé ligne par ligne, et c’est une obligation.
Vous devez pouvoir lire séparément le prix de la monture, celui de chaque
verre et celui des traitements.
Deux conséquences pratiques :
- on peut arbitrer ligne par ligne. Garder une monture qui plaît et ajuster sur les verres, ou l’inverse ;
- les paniers se panachent. Des verres du panier 100 % Santé avec une monture à prix libre, c’est possible, et le remboursement se calcule ligne par ligne. C’est expliqué dans notre article sur le 100 % Santé.
Notre façon de faire
On établit le devis avant de commander, on l’explique ligne par ligne, et on
vous laisse repartir avec.
Un devis n’engage à rien.
Si vous comparez avec un autre opticien, et c’est votre droit, comparez les lignes, pas les totaux : deux paires au même prix peuvent cacher des verres très différents.
À lire aussi.
- 100 % Santé : ce qui est vraiment rembourséLe panier sans reste à charge existe vraiment, mais il obéit à des règles précises : plafond de 30 € sur la monture, renouvellement tous les deux ans, panachage possible. Voici ce que dit la réglementation.
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