
Verres progressifs : ce qui se passe les premiers jours
Flou sur les bords, sensation de marches en descendant un escalier : c'est normal, c'est passager, et il y a une façon d'aider le cerveau à s'y faire.
Conseils
« Je n’y arriverai jamais. »
On l’entend souvent le jour du retrait, et presque jamais trois semaines plus
tard.
L’adaptation aux progressifs est réelle, elle est déroutante, et elle se
passe presque toujours bien, à condition de savoir à quoi s’attendre.
Pourquoi c’est déroutant
Un unifocal corrige une distance.
Un progressif en corrige plusieurs sur la
même surface, avec une transition continue entre le haut du verre, pour voir
loin, et le bas, pour lire.
Cette transition a un prix géométrique : les zones latérales, en périphérie,
sont légèrement déformées.
Votre cerveau ne les connaît pas encore, et il
proteste.
Ce qui est normal les premiers jours
- une impression de flou sur les côtés quand on tourne les yeux sans bouger la tête ;
- une sensation de marche ou de sol qui remonte en descendant un escalier ;
- de la fatigue en fin de journée, parfois des maux de tête ;
- l’envie très forte de remettre ses anciennes lunettes.
Rien de tout cela n’est le signe d’une erreur.
Combien de temps
Cela va de quelques jours à environ un mois, avec une moyenne souvent citée
autour de trois semaines.
C’est très variable d’une personne à l’autre, et
l’âge auquel on passe aux progressifs y joue beaucoup : plus on s’y met tôt,
plus c’est rapide.
Les trois choses qui aident vraiment
Porter en continu. C’est le conseil le plus important et le plus difficile
à suivre.
L’adaptation est un apprentissage du cerveau : il ne peut pas
apprendre si on alterne avec les anciennes lunettes.
Du lever au coucher, même
les premiers jours désagréables.
Bouger la tête, pas seulement les yeux. C’est le geste à réapprendre.
Pour
regarder à droite, on tourne la tête et on garde le regard dans l’axe du
verre.
Les zones nettes sont au centre.
Bien s’éclairer pour lire. Une pupille moins ouverte utilise une zone plus
petite du verre, donc plus nette.
Les premières semaines, une bonne lampe
change réellement le confort.
Dans l’escalier
Le cas classique.
Descendre en regardant droit devant, sans baisser les yeux :
si on baisse le regard, on regarde ses pieds à travers la zone de lecture, et
les marches se brouillent.
On baisse la tête, pas les yeux.
Quand revenir nous voir
Passé trois à quatre semaines de port continu, si la gêne persiste, il ne faut
pas s’installer dedans.
Souvent, c’est le réglage de la monture qui est en
cause : quelques millimètres de hauteur déplacent les zones du verre par
rapport à la pupille, et une monture qui a glissé suffit à tout dérégler.
Passez, on reprend le réglage.
C’est en général l’affaire de quelques minutes.
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