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Deux verres côte à côte sur un établi sous une lampe d'atelier : celui de gauche renvoie un reflet blanc marqué, celui de droite un simple voile vert-violet

Antireflet, aminci, photochromique : à quoi ça sert vraiment

On propose souvent trois ou quatre traitements sur un devis, et tous ne se valent pas selon l'usage. Voici ce que chacun fait, et quand il est réellement utile.

Conseils

Sur un devis, les traitements apparaissent comme une liste d’options.
Ils ne jouent pourtant pas le même rôle, et l’un d’eux dépend entièrement de votre correction.

L’antireflet

C’est le plus utile, et de loin.

Un verre nu renvoie une partie de la lumière qui le frappe.
Ces reflets partent vers votre œil comme vers celui de votre interlocuteur : ils fatiguent en vision de nuit (les phares, surtout) et ils masquent votre regard sur une photo.

L’antireflet réduit ces reflets.
Il se voit immédiatement dès qu’on compare deux verres côte à côte sous une lampe.

Contrepartie : un verre antireflet montre davantage les traces de doigts.
Ce n’est pas un défaut du traitement, c’est la conséquence d’un verre qui renvoie moins de lumière parasite pour masquer le reste.

Le durcissement

Un traitement de surface qui résiste aux rayures légères.
Il ne rend pas le verre indestructible, rien ne le fait, mais il change la durée de vie réelle d’une paire portée tous les jours et posée un peu partout.

L’amincissement

Celui-ci ne dépend pas de vos goûts mais de votre correction.

L’indice de réfraction mesure la capacité du verre à dévier la lumière.
Plus il est élevé, moins il faut d’épaisseur pour la même correction.
Les indices courants vont de 1,50 à 1,74, et à correction égale un 1,74 gagne environ 45 % d’épaisseur sur un 1,50.

En clair :

  • correction faible : l’amincissement ne se verra pas. Il n’y a pas de raison de le payer ;
  • correction forte : il change l’épaisseur au bord du verre, le poids de la paire, et la déformation du regard vue de l’extérieur.

C’est le point sur lequel il faut demander conseil plutôt que cocher une case.

Le photochromique

Un verre qui fonce à la lumière et s’éclaircit à l’ombre.
Une seule paire pour l’intérieur et l’extérieur.

Deux limites à connaître avant de choisir :

  • il réagit aux UV, et un pare-brise en filtre une grande partie. En voiture, un photochromique classique fonce donc peu ou pas ;
  • la transition n’est pas instantanée : quelques dizaines de secondes pour foncer, plus longtemps pour redevenir clair.

Il convient très bien à quelqu’un qui passe sa journée à entrer et sortir.
Il convient mal à qui cherche de vraies solaires pour la route.

Le filtre lumière bleue

Il atténue une partie du spectre bleu-violet émis par les écrans.

Son intérêt fait débat dans la littérature scientifique, et nous ne prétendrons pas trancher ici.
Ce qui est établi en revanche, c’est que la fatigue devant un écran vient beaucoup du manque de clignements et de la distance de travail, deux choses qu’aucun verre ne corrige.

En résumé

Traitement Quand il se justifie
Antireflet Presque toujours
Durcissement Presque toujours
Amincissement Selon la correction, pas selon le goût
Photochromique Beaucoup d’entrées-sorties, peu de conduite
Filtre lumière bleue À discuter selon l’usage

Le meilleur réflexe reste de dire à quoi serviront les lunettes : travail sur écran, conduite de nuit, extérieur, lecture, plutôt que de choisir dans une liste.
Les traitements en découlent.

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