
La vue des enfants : à quel âge faire contrôler
Un enfant qui voit mal ne s'en plaint pas : il n'a pas de point de comparaison. Le calendrier de dépistage existe pour ça, et il commence bien plus tôt qu'on ne le croit.
Conseils
C’est la difficulté propre à l’enfance : un enfant qui voit mal ne le dit
pas. Il ne sait pas que les autres voient autrement.
Il s’assoit plus près,
plisse les yeux, se fatigue vite sur un livre, et personne ne fait le lien.
D’où un calendrier de dépistage, qui commence plus tôt que la plupart des parents ne l’imaginent.
Le calendrier officiel
Le carnet de santé prévoit un examen des yeux :
- à la naissance, puis aux 2ᵉ, 4ᵉ, 9ᵉ et 24ᵉ mois ;
- puis au cours des 3ᵉ, 4ᵉ, 6ᵉ et 8ᵉ années.
Ces rendez-vous sont conduits par le médecin qui suit l’enfant.
Ils ne
remplacent pas un examen ophtalmologique, mais ils servent à repérer ce qui
doit y conduire.
Le dépistage à l’école
Autour de 3 à 4 ans, en première année de maternelle, un dépistage
sensoriel est organisé sur le temps scolaire, souvent par un orthoptiste.
Il
relève d’une mission obligatoire des départements.
C’est un filet utile, mais un filet : il ne dispense pas des rendez-vous du carnet de santé, et il ne détecte pas tout.
Pourquoi si tôt
Le motif est l’amblyopie : un œil qui ne se développe pas normalement parce que le cerveau privilégie l’autre.
Elle se traite d’autant mieux qu’elle est prise tôt, pendant que le système
visuel est encore en construction.
Passé un certain âge, la récupération
devient beaucoup plus difficile.
C’est aussi le cas du strabisme, dont le
dépistage précoce change le pronostic.
Voilà pourquoi le calendrier commence à la naissance et non à l’entrée en CP.
Les signes qui doivent alerter entre deux rendez-vous
- l’enfant se rapproche de l’écran, du livre, du tableau ;
- il plisse les yeux ou incline la tête pour fixer ;
- un œil part vers l’intérieur ou l’extérieur, même par intermittence ;
- il se frotte souvent les yeux, ou se plaint de maux de tête en fin de journée ;
- il évite les activités de près (coloriage, lecture) sans raison.
Aucun de ces signes n’est une conclusion.
Chacun justifie un avis.
Notre rôle, et ses limites
Nous ne posons pas de diagnostic : cela relève de l’ophtalmologiste, et une prescription pour un enfant vient de lui.
Ce que nous faisons, c’est l’équipement, et avec un enfant, ce n’est pas
une formalité.
Une monture qui glisse ou qui descend sur le nez déplace le
centre optique du verre, et une correction bien calculée devient inefficace.
D’où des montures pensées pour tenir, et des réglages repris aussi souvent
qu’il le faut pendant qu’il grandit.
Un espace lui est réservé en boutique, avec des montures à sa hauteur et de quoi s’occuper pendant que ses parents choisissent les leurs.
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